Méthode et limites
Comment le score ESA-PSS-M est calculé, d’où viennent les coefficients, et ce que l’outil ne fait pas.
1. Le score
L’ESA-PSS-M a été dérivé dans une cohorte européenne multicentrique de 535 patients atteints de SMD de faible risque, puis validé dans une cohorte externe de 223 patients. Il combine trois variables disponibles avant la décision thérapeutique.
TD vaut 1 si le patient est dépendant transfusionnel à l’inclusion, 0 sinon. Le score est orienté de façon favorable : plus il est élevé (proche de 0), plus la probabilité de réponse érythroïde est grande et plus le délai avant dépendance transfusionnelle est long.
2. L’IPSS-M
L’IPSS-M (Bernard et al., NEJM Evidence 2022) est un modèle de Cox intégrant l’hémoglobine, les plaquettes, le pourcentage de blastes médullaires, la catégorie cytogénétique IPSS-R et 31 gènes. Chaque variable est centrée sur la moyenne de la cohorte de dérivation, puis multipliée par son coefficient β et divisée par ln(2) : le score s’exprime donc en log₂ hazard ratio, où 0 correspond au patient moyen.
| Catégorie | Score | Survie médiane |
|---|---|---|
| Très faible | ≤ −1.5 | 11.7 ans |
| Faible | −1.5 à −0.5 | 7.1 ans |
| Modérément faible | −0.5 à 0 | 4.4 ans |
| Modérément élevé | 0 à 0.5 | 3.1 ans |
| Élevé | 0.5 à 1.5 | 2.3 ans |
| Très élevé | > 1.5 | 1.3 ans |
Règles particulières
- TP53 multi-hit : ≥ 2 mutations TP53, ou une mutation avec del(17p) / LOH / VAF ≥ 50 %. Une mutation TP53 mono-allélique ne compte que dans le canal des gènes résiduels.
- SF3B1 : favorable (β −0,079) uniquement en l’absence de del(5q) et de comutation défavorable (FLT3, MLL-PTD, RUNX1, NRAS, EZH2, IDH2, BCOR, BCORL1, STAG2, SRSF2, U2AF1, TP53 multi-hit). Avec une del(5q) isolée, SF3B1 devient défavorable (β +0,504).
- Gènes résiduels : 15 gènes agrégés, plafonnés à 2 mutations comptées.
- Caryotype : la catégorie IPSS-R est déduite des anomalies saisies selon Greenberg 2012. del(17p) n’est pas une lésion IPSS-R et compte comme anomalie « autre ».
3. Seuils
Deux seuils sont affichés : −1,75 et −1,30. Ils proviennent de l’analyse de la cohorte PRETAR (Park S., CHU de Grenoble Alpes) et servent à situer le patient sur trois zones. Le seuil publié dans Blood maximise la spécificité (76 %) au prix d’une sensibilité de 57 % : le score écarte mieux les non-répondeurs qu’il ne sélectionne les répondeurs.
4. Ce que l’outil ne fait pas
- Il ne remplace pas le jugement clinique ni le RCP.
- Ce n’est pas un dispositif médical validé ; aucune certification CE n’est revendiquée.
- Il ne prédit pas la durée de réponse ni la survie individuelle.
- Il n’intègre pas les traitements antérieurs, la ferritine, ni le profil transfusionnel détaillé.
5. Données
Aucune donnée identifiante n’est demandée ni conservée. Chaque calcul enregistre uniquement les valeurs cliniques, les scores obtenus, la langue et l’horodatage, afin de produire des statistiques d’usage agrégées et un export CSV anonyme.
Références
- Raddi MG, Park S, Fontenay M, et al. IPSS-M risk and specific sex-associated somatic mutations predict response to ESA therapy in LR-MDS: building a new score. Blood. 2025;146(14):1693-1706. doi:10.1182/blood.2024027540
- Bernard E, Tuechler H, Greenberg PL, et al. Molecular International Prognostic Scoring System for Myelodysplastic Syndromes. NEJM Evid. 2022;1(7):EVIDoa2200008.
- Greenberg PL, Tuechler H, Schanz J, et al. Revised International Prognostic Scoring System (IPSS-R). Blood. 2012;120(12):2454-2465.